Village saint-pée sur nivelle

1° mai 1793 - Prise du Camp de Sare.

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Le camp de Sare.

Au début de la guerre des Pyrénées occidentales (1793-1795), la redoute Santa Barbara est au cœur d'un dispositif militaire appelé le camp de Sare. Il doit barrer la route à toutes agressions espagnoles qu' elles viennent de Vera par le col de Lizuniaga ou d'Etxalar par celui de Lizarrieta.

Redoute Santa Barbara

Churitéguy.

Churitéguy est un quartier frontalier avec l'Espagne au sud de Sare. A l'altitude 185m., près de la maison Xuritegikoborda, un petit sommet surplombe les deux accès à Sare. Il domine les deux routes qui, là, ne sont séparées que de 750 m. C'est cet endroit que les armées de la Convention, ont choisi pour y placer deux batteries, comme le rapporte Beaulac, un médecin de l'armée qui a vécu cette guerre et en à fait un livre : « Mémoires sur la dernière guerre entre la France et l'Espagne dans les Pyrénées Occidentales » publié en 1881.

Carte des redoutes en 1793
Carte du quartier de Churiteguy

Théophile-Malo Corret de La Tour-d'Auvergne.

Étonnant personnage que intrépide et néanmoins très humain militaire. Il naît en 1743 noble mais n'en appartient pas moins à la Révolution. Lorsqu'il est pressé d'émigrer, il répond « j'appartiens à la Patrie ». Il a l'esprit breton, héroïque et romanesque. Il aime les chants, les livres et les recherches d'antiquité, mais voulait aussi s'affirmer par son bras et son épée.
Au printemps 1793, à l'âge de 50 ans, il se trouve à la tête des chasseurs basques, des volontaires et des gardes-nationaux, sans formation militaire mais connaissant comme nul autre la montagne basque ses pics, ses, cols, ses vallons et ses chemins. « Vous voyez bien, leur disait-il, ce pic inaccessible… Nous y ferons une batterie. » Et ils en venaient à bout. Les Espagnols voyaient les boulets leur tomber des nuages.
Il fut nommé « 1° grenadiers de France » par Napoléon.

Portrait de La Tour-d'Auvergne

Bataille et prise du camp de Sare 1° mai 1793.

Beaulac décrit les faits comme ceci :

« Les Français venaient de piller le village de Zugarramurdy, où il n’y avait que cent cinquante volontaires d’Aragon, et le représentant du peuple Dartigoeyte avait cité cette action à la convention comme un exploit éclatant.
Le soir du 30 avril (1793), Pinsun, lieutenant-colonel des chasseurs des montagnes, chargé de veiller sur la gorge, remarquant quelques mouvements, en fit prévenir le citoyen Lachapelette , colonel du 80e régiment, qui, arrivé la surveille avec cent hommes, avait remplacé, dans le commandement du camp, le chef du 3e bataillon du Gers, Barbazan. Un détachement de canonniers du 1er bataillon des Hautes Pyrénées, eut ordre sur le champ de se porter au poste de Churitéguy, à l’entrée de la gorge, avec deux pièces de quatre, pour occuper une espèce de redoute qu’on y avait construite.
Le lendemain, premier mai, à la petite aube du jour, tandis que les canonniers s’apprêtaient à monter leurs pièces, un feu violent de mousqueterie partit de tous les côtés ; les Français surpris se rallient un moment à la voix de leurs chefs ; mais bientôt, effrayés de ne point apercevoir l’ennemi tandis que la mort vole dans leurs rangs, ils fuient : les Espagnols, débouchant de la gorge, s’emparent de la redoute, des deux pièces de quatre, et marchent sur le camp. Lachapelette ordonne aux cent hommes de son régiment, à la tête desquels était le brave Latour-d’Auvergne , d’aller arrêter les Espagnols, et, suivi lui-même de cent volontaires, il court protéger cet intrépide détachement.
Après une demi-heure de combat, la retraite fut jugée nécessaire. , avec quelques grenadiers, se retire vers le camp ; il trouve partout la confusion et le désordre, que Latour-d’Auvergne Lachapelette cherchait en vain à arrêter. Les troupes s’enfuyaient par le chemin D'Aînhoa ; abandonnant quatre pièces de canon ; il fait atteler les chevaux d’artillerie, et en face de l’ennemi, et après des peines incroyables, il sauve trois de ces pièces ; la 4e, non attelée fut enclouée et jetée dans un vallon.
Notre petite armée n’arriva que la nuit à Ustaritz, où elle se rallia ; elle ne fut point poursuivie par les Espagnols, qui, après avoir brûlé le camp, rentrèrent dans leurs limites. »

Portrait de La Tour-d'Auvergne
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