Bataille et prise du camp de Sare 1° mai 1793.
Beaulac décrit les faits comme ceci :
« Les Français venaient de piller le village de Zugarramurdy, où il n’y avait que cent cinquante volontaires
d’Aragon, et le représentant du peuple Dartigoeyte avait cité cette action à la convention comme un exploit
éclatant.
Le soir du 30 avril (1793), Pinsun, lieutenant-colonel des chasseurs des montagnes, chargé de veiller sur la
gorge, remarquant quelques mouvements, en fit prévenir le citoyen Lachapelette , colonel du 80e régiment, qui,
arrivé la surveille avec cent hommes, avait remplacé, dans le commandement du camp, le chef du 3e bataillon
du Gers, Barbazan. Un détachement de canonniers du 1er bataillon des Hautes Pyrénées, eut ordre sur le champ
de se porter au poste de Churitéguy, à l’entrée de la gorge, avec deux pièces de quatre, pour occuper une
espèce de redoute qu’on y avait construite.
Le lendemain, premier mai, à la petite aube du jour, tandis que les canonniers s’apprêtaient à monter leurs
pièces, un feu violent de mousqueterie partit de tous les côtés ; les Français surpris se rallient un moment
à la voix de leurs chefs ; mais bientôt, effrayés de ne point apercevoir l’ennemi tandis que la mort vole
dans leurs rangs, ils fuient : les Espagnols, débouchant de la gorge, s’emparent de la redoute, des deux
pièces de quatre, et marchent sur le camp. Lachapelette ordonne aux cent hommes de son régiment, à la tête
desquels était le brave Latour-d’Auvergne , d’aller arrêter les Espagnols, et, suivi lui-même de cent
volontaires, il court protéger cet intrépide détachement.
Après une demi-heure de combat, la retraite fut jugée nécessaire. , avec quelques grenadiers, se retire vers
le camp ; il trouve partout la confusion et le désordre, que Latour-d’Auvergne Lachapelette cherchait en vain
à arrêter. Les troupes s’enfuyaient par le chemin D'Aînhoa ; abandonnant quatre pièces de canon ; il fait
atteler les chevaux d’artillerie, et en face de l’ennemi, et après des peines incroyables, il sauve trois de
ces pièces ; la 4e, non attelée fut enclouée et jetée dans un vallon.
Notre petite armée n’arriva que la nuit à Ustaritz, où elle se rallia ; elle ne fut point poursuivie par les
Espagnols, qui, après avoir brûlé le camp, rentrèrent dans leurs limites. »